Au bout du fossé la culbute ( D-10 sur plan)

Publié le par DAN

  Il y a des noms d'établissements très équivoques, en effet pourquoi cette inscription : « Au bout du fossé la culbute » donné à ce débit de boissons et restaurant d'un quartier populaire havrais ? Était-ce dû à la réputation de l'établissement où parfois certains clients pouvaient sortir quelque peu «éméchés» ?
Toujours est-il que ce commerce, était facile à situer dans le Havre d'aujourd'hui grâce aux deux plaques de rues fixées sur ses murs, de plus ces artères n'ont pas changé de nom dans le Havre actuel.

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PS : Une précision de notre ami JMH à propos de l'intitulé de ce bar restaurant :

" A l'époque, il y avait des remparts et des fossés. Pour ne pas payer l'octroi municipal sur les alcools, les bars et les cafés se mettaient de l'autre côté du fossé. Mais cette partie de la ville n'était pas très éclairée et était très boueuse, les gens qui avaient trop bu tombaient et se blessaient . C'était donc pour les prévenir."

 

Havre 2Le café débit de boissons restaurant rue Casimir Delavigne.
Collection P. Alinand.

 


Rues C Delavigne+A Compte (10)Le même endroit en 2012. (photo DAN)


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Merci de votre visite.

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JMH 20/05/2012


Au bout du fossé la culbute est une expression employée dans un sens particulier au Havre  ! Elle se rapporte aux fortifications et aux marais qui se trouvaient derrière celles-ci. Aller
plus loin que le fossé des fortifications c'était tomber dans l'eau des marais. Comme le rapporte une délibération de la ville du Havre  


"A l’époque, il y avait des remparts et des fossés. Pour ne pas payer l’octroi municipal sur les alcools, les bars et les
cafés se mettaient de l’autre côté du fossé. Mais cette partie de la Ville n’était pas très éclairée et était très boueuse, les gens qui avaient trop bus tombaient et se blessaient. C’était donc
pour les prévenir."


La ville du Havre a acheté l'enseigne de ce restaurant qui est en photo à madame Baly en 2007. Personnellement, je n'ai pas encore vu cet objet. 


Amitiés fidèles à Dan et Nicephore.


 

buddy2259 20/05/2012


Bonjour Dan,


C'est bien la première fois que je vois la photo de cet établissement qui se trouvait rue Casimir Delavigne...une belle pièce de collection là encore !!!


Merci de nous en faire profiter...bon dimanche et mes salutations à l'ami Nicéphore!

LGV 20/05/2012


La belle époque des cadavres du matin a enlever des fossés pour permettre l'évacuation des eaux...


Cette situation me rappelle étrangement celle de Bénares (Varanasi) aujourd'hui : la ville est sainte, dédiée à Shiva, il est interdite de boire de l'alcool (il est très difficile pour les
touristes de trouver une bière). Comme pour le Havre, les amoureux d'ivresse traversent le Gange pour aller oublier leurs soucis de l'autre coté du fleuve sacré...

François 20/05/2012


Salut Dan,


Cette établissement devait dater de l'extension du Havre aprés la destruction des remparts. Ce batiment de mauvaise brique sent le provisoire qui dure souvent. Il ne faut pas oublier aussi qu'en
dehors des remparts et de leurs fossés, la plaine comprise entre ceux-ci et la côte était entrecoupée de canaux de drainage et autres petits ruisseaux plutôt glauques ou il était aisé de tomber
accidentellement ou non.

Papy Scham 20/05/2012


Bonjour Dan


Déjà à cette époque on essayait d'échapper à une forme d'impôt. Drôles de lois aussi. Au moins ceux qui fréquentaient ce lieu étaient prévenus. Plus dure sera la chute. Merci pour cette petite
histoire de cet établissement. Un peu d'humour en ce dimanche bien tristounet.


Bonne journée et bonne semaine.


Amitiés: papy Scham

boboce 20/05/2012


Salut DAN


 


C'est une histoire originale, comme il doit y en avoir des centaines au Havre.


Bon dimanche


A+

phyll 20/05/2012


salut poto,


sympa cette "petite histoire" dans la grande Histoire !! Mais je pense qu'à l'époque il a du y avoir quelques découvertes assez glauques !! En plus, ce bâtiment semble suivre (malgré
lui) les mouvements du terrain !......


bon après midi grisâtre !.....


à+ !  

Otto Graf 20/05/2012


Cette carte doit dater des années 36-39…avec le brasseur en grand tablier, la patronne en blouse
avec, à côté d’elle, une grande jeune femme –imaginons que c’est sa fille ! – élégante et distinguée et ses enfants – peut-être – en « habits du dimanche ». Cette note de dignité
et de  propreté moderne,  d'évolutrion sociale aussi, non ?,devant cette vieille bâtisse un peu mal
foutue,  ne gomme pas la note de tradition avec le bidet et la carriole cauchois.


La grande ville portuaire et industrielle restait proche de sa campagne.


Très belle évocation.


Otto.

tic-tac 20/05/2012


Le contraste est saisisssant... en tout cas, ce débit de boissons avait l'air bien accueillant. vu sa situation, il devait servir de point de rendez-vous très pratique ?


bon dimanche DAN ! Ici il pleut aussi :-(

Bernard Hauguel 20/05/2012


Salut Dan


Quel changement radical ! Mêmes les trottoirs ont été surbaissés pour ne plus tomber...


Amitiés. Bernard

jps 20/05/2012


En 1936, y'avait sûrement plus de cafés que de coiffeurs ou de banques voire des Kebab, pour preuve rue C Delavigne..


au 11 café bar Delavigne Mme Louvard


au 19 A.Angammare café-débit brasserie de cidre


au 21 A.Rigot café-débit  chambres meublées


au 27 A.Cavart café-débit et tabac


au 31 G.Ricouard café-débit brasserie de cidre


au 35 G.Stevens café-débit chambres meublées


au 55-57 M.Cinedot café-débit restaurant brasserie de cidre (laphoto?)


au 61 P.Daniel café restaurant


au 69 N.Leyzour café-débit brasserie de cidre chambres meublées


au 77 bis J.Bellanger café bar


au 81 G.Lambert café-débit


au 89 G.Erdinger café-débit


au 2 M.Dubois café-débit


au 38 L.Andrieu café-débit brasserie de cidre


au 66 A.Marq café-débit


au 68 L.Pascal café-débit tabac


au 80 Merssemann café-débit brasserie de cidre


au 88 E.Loisel café-débit brasserie de cidre


au 94 Ledé café-débit restaurant


au 96 L.Lacheray débit restaurant


au 120 R.Greffier café-débit


de quoi satisfaire plus d'un assoiffé !! finies les superpositions ??


Amitiés cidroliennes...


 

Otto Graf 20/05/2012


Ce qui suit ne nous éloigne pas de la tradition et reste dans la note de votre
commentaire.


Pâques est une fête mobile de Printemps et à la grand’messe du dimanche, avant la guerre, les
femmes arboraient leur robe neuve, leur robe printanière, légère et fleurie…quel que soit le temps. On pourrait ajouter, pour Le Havre, contre vents et marées.


AD.

Jeff 20/05/2012


 


Cette photo est révélatrice des constructions de mauvaise qualité de bon nombre de quartiers Havrais, du caractère populaire, ouvrier, de notre ville, elle nous rappelle des expressions désuètes
entendues dans notre enfance quand on se mettait sur son trente et un, ou encore quand on était endimanché la plupart du temps pour aller à la messe, et pour les gamins c'était souvent avoir
l'air gauche dans une tenue qui avec la croissance était devenue trop petite, on plaisantait ainsi sur le costume de communiant porté trop longtemps. Toute ville ouvrière industrielle et
portuaire de surcroit avait sa rue de la soif dénommée ainsi par ses habitants pour qualifier celle possédant la plus grande densité de cafés, de bistrots, de rades, d'estaminets, de troquets,
etc.. Probablement difficile de définir la rue de la soif Havraise d'avant guerre, cours de la république, quartier Saint François, qui s'y risquera car en fait elles devaient être trop
nombreuses ! Bonne soirée.

Pierre 21/05/2012


Salut DAN, il me semble que tout n'est pas droit sur cette maison :)
Un coin de rue  bien différent. L'anecdote de JMH est excellente.

pere cantoche 21/05/2012


Salut rapide mon bon Daniel tant ce WE et ce début de semaine me voit quelque peu surbooké et chamboulé par mon départ imminent, un peu avancé pour ne pas dire précipité, bref, improvisé... te
dire, et ça tombe bien, que je ne vois pas trop où se trouve la rur Casimir Delavigne, ni le carrefour photographié... quand à l'estaminet évoqué il se perd dans mes brumes d'alcool et de mauvais
vin... mais précisemment ne se trouvait t'il pas rue de la vigne cet endroit peu recommandable où se pratiquait la culbute...hic, oups !


 

eva 21/05/2012


c'est une charmante expression ! et qui situe un lieu, un état...(de sortie de bistrot) ! On aime toujours ces mots bien fleuris... Merci pour nous donner la raison qui faisait qu'on
s'établissait ainsi en dehors des murs, pour échapper à l'octroi ! L'état actuel de l'emplacement, s'il est moins boueux, n'en est pas plus esthétique pour autant ! Enfin, "actuel" ne voulant pas
dire "bon goût", on s'en contentera :))


Bonne journée Dan !

François 21/05/2012


Il y a peut-être une autre explication que la chute alcoolisée..


Prés de ces estaminets se promenaient surement quelques gentes dames trés accueillantes...


Il y avait en fait probablement les deux..


 

Mousse 21/05/2012


Bonsoir cher Dan,


C'est marrant le nom de cet établissement.


Il était grand, on pouvait y mettre du monde.


Mon Dieu, c'est bien changé.


J'aime toujours autant, les vieilles cartes, c'est très joli.


Bonne semaine, mes amitiés.

Claude 21/05/2012


Beaucoup d'imagination en ce temps là pour désigner les estaminets...cette appellation en est la preuve....merci de nous l'avoir présentée...


Les différents commentaires des uns et des autres nous apportent pleins d'enseignements sur la topographie des lieux et des us et coutumes de
l'époque.


Compte tenu des accoutrements des personnages surtout les femmes et les enfants je situe cette prise de vue dans les années 40.


Au fait sais-tu Dan quand cet établissement a été détruit ? Et qu'y avait-il à cet emplacement avant la construction de l'immeuble actuel ? je me souviens
vaguement dans ce secteur d'une entreprise de tuyaux en fonte et fers à béton il me semble mais le nom m'échappe .


Bonne nuit

Claude 22/05/2012


Oui...!!! c'est ça  "LEPAGE"...c'est bien le nom que je cherchais..merci Dan 


Je me souviens de leurs camions assez particuliers pour le transport des "fers" avec la cabine du conducteur au centre...


Un peu comparable à celui-ci trouvé sur le net...





Bonne journée

Michèle 23/05/2012


Bonjour,


A propos du café , Le mot "fossé" en cauchois a le sens spécial de "talus" donc l'enseigne peut vouloir dire "au delà du talus , la culbute" ce qui est vraisemblable.


Mon Père a travaillé aux établissements Lepage à partir de novembre 1944 à février 1950. Je ne savais pas que cette entreprise était située à cet endroit.


Bonne journée


Michèle


 

jeanpaul76 23/05/2012



Salut 


Encore un lieu inconnu certainement des dates contradictoires avec ma naissance quoique ... ces endroits ou plutôt ce genre de
commerce à multiple facette étaient surtout l'endroit de tous les dangers .


bons à la fois la circulation étaient limitées et le trottoir devenait la propriété de l'enivrer je ne juge pas une multitude
de petits commerces jonchent nos quartiers je me rappelle le café-bar dans la forêt de Montgeon ou l'accordéon venait troubler le voisinage ô combien sympathique j'aime bien comment dit-on le
bar, café ou bistrots c'est drôle en ce moment j'ai une préférence sur la place de Tréguier tout simplement la terrasse offre un panorama pour l'observation il y a du bon dans la
retraite


Bonne semaine  

marcopolo76 24/05/2012


Salut Dan


Il fallait en boire du Cidre pour être "émmeché" quoique si ce drenier n'était pas trop controler en taux d'alcool pourquoi pas "faire la culbute" mais moi j'aurais préféré dans le lit d'une
"dame" que dans des fossés ...!!!!!


Cordialement


Marco

Didier 25/05/2012


Pas connu cette époque, mais souvenir qu'à l'emplacement de la résidence il y avait un chantier de fer, plus le souvenir du nom, et puis pas très loin les établissements David(du bois), pour ce
qui est du nom "la culbute", j'y verrais autre chose que du troussage

SHIPS-LOVER 27/05/2012


Un reportage nous expliquant bien, ce nom assez "bizarre". Un grand merci a JMH pour ces précisions, car il est vrai que c'est équivoque pour ce restaurant, brasserie. Merci a toi DAN.

Caroline.K 03/12/2012


MAGNIFIQUE Dan, ce nom est digne d'un titre d'Alphonse Allais ou de Pierre Dac. Il aurait été superbe aussi dans un film dialogué par Audiard avec un Gabin accoudé à ce bar et faisant une tirade
sur la culbute Et en plus un débit de boissons rue Delavigne, le hasard fait parfois de ces choses.


CaroLINE